Le travail numérique regroupe ici les tâches de conception, d’utilisation ou de gestion d’outils numériques, quel que soit le titre du poste. Il dépasse les professions TI et les entreprises du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC).

Trois classifications décrivent des objets différents. Le secteur économique classe l’activité de l’employeur. La profession classe le travail de la personne. L’analyse des tâches décrit les opérations qu’elle accomplit dans son poste.

Le secteur de l’employeur ne définit pas la profession

Une programmeuse employée par une organisation hors du secteur TIC exerce une profession informatique. Une personne chargée de la paie chez un fournisseur de logiciels travaille dans une entreprise technologique sans exercer, pour cette seule raison, une profession TI.

Le diagnostic de TECHNOCompétences indique qu’en 2023, plus de la moitié des professionnels TIC québécois travaillaient hors du secteur TIC. Le document présente des écarts entre certains totaux et pourcentages; le constat de majorité demeure commun à ces présentations. Il établit que le secteur technologique ne contient pas toute la main-d’œuvre informatique.

À l’inverse, un décompte des emplois salariés du secteur TIC comprend les différentes professions des entreprises visées. Il ne peut pas être additionné au décompte des professionnels TIC : les deux ensembles se recoupent.

La tâche numérique ne change pas automatiquement le métier

Un employé qui utilise l’IA pour préparer une réponse administrative ajoute un outil à son travail. Cet usage ne suffit pas à faire de lui un spécialiste des TI. Il peut néanmoins modifier la circulation de l’information, le temps de préparation et les besoins de vérification dans son service.

Dans le sondage SPGQ de juin 2025, 82,7 % des répondants utilisateurs de l’IA au travail déclaraient l’utiliser de leur propre initiative. Ce résultat documente un mode d’introduction des outils chez les répondants, sans mesurer un transfert d’emplois vers les TI. Le faible taux de réponse de 2,5 % empêche d’en faire un portrait de toute la fonction publique.

La transformation des tâches peut donc commencer sans création d’un projet informatique ni changement de titre d’emploi. Pour la décrire, le décompte des postes doit être complété par l’observation des usages.

Les seuils administratifs rendent certaines tâches moins visibles

Dans les portraits québécois de main-d’œuvre en ressources informationnelles, toutes les personnes d’un centre de responsabilité en TI sont recensées. À l’extérieur de ces centres, le décompte des personnes retient celles dont plus de 50 % des tâches principales et habituelles relèvent des TI.

Prenons dix personnes à temps plein hors de ces centres, chacune consacrant 40 % de son temps à des tâches TI. Elles représentent ensemble un volume correspondant à quatre postes à temps plein consacrés à ces tâches. Aucune ne franchit individuellement le seuil de plus de 50 %. Cet exemple décrit l’effet du seuil, sans estimer un volume réellement omis au Québec.

Le choix de l’indicateur dépend de la question. Le secteur décrit l’activité économique, la profession décrit la main-d’œuvre spécialisée et les tâches décrivent la répartition du travail. Une baisse ou une hausse dans l’un de ces décomptes ne donne pas automatiquement la trajectoire des deux autres.

Questions fréquentes

Le secteur technologique regroupe-t-il tous les emplois TI?

Non. Des professionnels TI travaillent dans d’autres secteurs, notamment dans des organisations dont l’activité principale n’est pas de vendre des produits ou des services technologiques.

Utiliser l’IA transforme-t-il automatiquement un poste en emploi TI?

Non. L’utilisation d’un outil numérique ne suffit pas à définir une profession TI. La classification dépend des tâches et des responsabilités du poste.

Peut-on additionner les emplois du secteur TIC et les professionnels TIC?

Non. Une partie des professionnels TIC travaille déjà dans le secteur TIC. Additionner les deux ensembles compterait certaines personnes deux fois, en plus de mélanger deux classifications.

Sources

  1. Ministère de la Cybersécurité et du Numérique (Gouvernement du Québec) — Portraits de la main-d’œuvre et du recours à des consultantes et des consultants affectés en ressources informationnelles 2024 au sein de l’administration publique.
  2. Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ) — ANALYSE — Résultats du sondage sur l’utilisation de l’IA par les membres du SPGQ (automne 2025).
  3. TECHNOCompétences (comité sectoriel de main-d’œuvre en TIC) — Diagnostic sectoriel 2025-2028 : Portrait de la main-d’œuvre (secteur des TIC).
  4. TECHNOCompétences (comité sectoriel de main-d’œuvre en TIC) — Diagnostic sectoriel 2025-2028 - TechnoCompétences (page de présentation).