L’automatisation robotisée des processus, couramment appelée RPA, exécute des opérations selon des règles et des séquences définies. Un agent d’intelligence artificielle poursuit un objectif en organisant des étapes et en utilisant des outils; cette capacité ne fixe pas les règles d’affaires de l’organisation qui le déploie.

La différence entre les technologies porte sur leur façon d’exécuter le travail. Les conditions de déploiement comprennent aussi la définition du résultat attendu, l’accès aux données et la responsabilité des décisions.

Les règles d’affaires précèdent leur exécution

Un processus stable facilite l’automatisation fondée sur des règles. Les exceptions obligent à prévoir une branche supplémentaire, une intervention humaine ou un traitement distinct. Un agent peut proposer une réponse à une situation variable; il reste nécessaire de déterminer si cette réponse est permise et correcte.

Prenons un système chargé de traiter des factures. Lire le document, retrouver le fournisseur et proposer une catégorie comptable sont des opérations. Déterminer qui peut autoriser le paiement est une règle de responsabilité. Un outil capable de lire davantage de formats ne reçoit pas, pour cette raison, le pouvoir d’approuver une dépense.

La maturité du processus désigne ici la définition de ses règles, de ses données et du traitement de ses exceptions. Changer de moteur d’exécution ne garantit pas cette maturité.

Les pilotes du MCN illustrent des obstacles organisationnels

Deux pilotes d’automatisation du ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN) n’avaient pas été implantés lorsque leur abandon a été rapporté en juillet 2026. Une note interne de novembre 2024, citée par La Presse canadienne, signalait un accès difficile aux données, des fonctionnalités limitées pour des raisons de sécurité et une expertise interne insuffisante pour trouver des solutions de rechange. Au moins un processus était jugé insuffisamment optimisé pour l’automatisation robotisée.

Ces obstacles portent sur ce que l’organisation peut fournir au système et autoriser. Le ministère invoquait aussi l’accès à de nouvelles technologies pour expliquer l’abandon. Le cas ne permet donc pas d’attribuer l’issue à une seule cause, ni de prédire le résultat d’un agent appliqué aux mêmes tâches.

Un problème de définition du travail apparaît également dans l’audit de février 2025 du programme CASA de la SAAQ. Le Vérificateur général relie la complexité sous-estimée de la livraison 2 à la documentation des processus et de l’interprétation des lois applicables à cette livraison, terminée en 2018, plus d’un an après la signature du contrat. CASA est un programme de transformation par progiciel, pas un projet de RPA. Le point commun concerne la définition tardive du travail à réaliser.

La production exige une capacité de reprise

Le parcours de préparation à la production du guide québécois sur l’IA agentique de 2026 comprend la validation du pilote, l’approbation requise, la surveillance, l’inscription au registre approprié, la formation et l’essai d’un retour manuel.

Ces étapes distinguent la démonstration technique de la capacité d’exploitation. La question change : après avoir vérifié que l’outil produit un résultat, il faut établir qui détecte une erreur, qui intervient et comment le service continue. Une amélioration du modèle ne remplace pas ces responsabilités.

Questions fréquentes

Un agent d’IA peut-il remplacer l’analyse des processus?

Non. Il peut aider à analyser un processus, mais son utilisation ne détermine pas à elle seule les règles applicables, les accès permis et les résultats acceptables. Ces décisions définissent le travail à automatiser.

Un pilote réussi prouve-t-il qu’un système est prêt pour la production?

Non. La production exige aussi des accès utilisables, une surveillance, des responsables formés et un moyen de reprendre le travail en cas de problème. Un pilote ne valide que les conditions effectivement mises à l’essai.

Les difficultés de la RPA prouvent-elles que les agents d’IA échoueront?

Non. Un agent peut traiter certaines variations différemment d’un automatisme fondé sur des règles. Cette capacité ne résout pas par elle-même un accès interdit aux données ou une responsabilité décisionnelle indéfinie.

Sources

  1. La Presse (dépêche La Presse Canadienne) — Québec écarte des projets en intelligence artificielle et automatisation (La Presse Canadienne, 25 juillet 2026).
  2. Ministère de la Cybersécurité et du Numérique (Direction du centre d’expertise en intelligence artificielle) — Guide sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle agentique.
  3. Radio-Canada (dépêche de La Presse canadienne), 25 juillet 2026 — Québec écarte des projets d’IA et d’automatisation dans la fonction publique.
  4. Université du Québec à Montréal (Archipel) — La mise en place de l’automatisation robotisée de processus : une approche par les règles d’affaires (mémoire de maîtrise en technologies de l’information, Maxime Bédard, septembre 2023).
  5. Vérificateur général du Québec — Rapport du Vérificateur général du Québec à l’Assemblée nationale pour l’année 2024-2025, février 2025 (chapitre 2 : CASA/SAAQclic : coûts, échéanciers et qualité).