La localisation d’un emploi décrit le lieu auquel une statistique rattache le travail : résidence du salarié, établissement employeur ou lieu de travail. L’adresse du client est une autre information, qui ne se déduit d’aucune de ces localisations.

Le télétravail permet de séparer ces lieux. Une personne résidant au Saguenay peut travailler pour un employeur montréalais sur un mandat destiné à un client américain. Qualifier ce travail de régional, de montréalais ou d’international dépend alors de la question posée.

Attirer un mandat et localiser un emploi sont deux résultats

Un centre de services implanté au Québec peut obtenir des mandats dont les clients se trouvent ailleurs. La réalisation de ces mandats dépend ensuite des équipes affectées au travail. Le lieu de signature du contrat ne donne pas la résidence de tous les salariés concernés.

En octobre 2020, Sigma Software expliquait l’ouverture de son bureau montréalais par la présence de clients, le bassin technologique et la proximité horaire avec New York. Ces motifs décrivent l’intérêt commercial annoncé de l’implantation. Ils ne constituent pas une mesure du nombre d’emplois durablement créés au Québec.

La notice de CGI de 2025 identifiait des centres de livraison à Québec, Drummondville, au Saguenay, à Montréal, à Shawinigan et à Sherbrooke. Une liste d’emplacements établit leur présence déclarée. Elle ne décrit pas la localisation de chaque personne travaillant pour chaque centre.

Les enquêtes ne regardent pas toutes le même lieu

Au deuxième trimestre de 2023, les entreprises du Québec prévoyaient qu’en moyenne 6,6 % de leurs employés exclusivement à distance seraient situés hors province. Ce résultat est une moyenne de pourcentages déclarés par les entreprises, portant sur des modalités prévues pour les trois mois suivants.

Il ne signifie pas que 6,6 % de tous les emplois québécois étaient occupés hors Québec. Il ne mesure pas non plus les résidents du Québec travaillant pour des employeurs d’autres provinces. Calculer un solde exigerait de connaître les deux directions avec des populations et des périodes compatibles.

Le Recensement de 2021 utilise pour sa part le lieu habituel du travail pour classer le navettage. Une personne travaillant surtout à une adresse fixe hors domicile est classée comme navetteuse, même si elle travaille certains jours à la maison. Un décompte du lieu habituel et une mesure des journées en télétravail ne sont donc pas interchangeables.

La concentration régionale exige un périmètre explicite

Le diagnostic québécois des professionnels TIC situe plus de la moitié de ces personnes dans les régions de Montréal et de la Montérégie en 2023. Il ne précise pas, dans la présentation utilisée, si la région correspond au domicile ou au lieu de travail. Ce chiffre ne permet donc pas de départager concentration des employeurs et concentration résidentielle.

La possibilité de travailler à distance peut servir à attirer des mandats au Québec ou à recruter ailleurs. Pour en mesurer le résultat, chaque indicateur doit préciser la personne ou l’établissement compté, le lieu retenu et le caractère prévu ou observé du travail. Sans cette définition, une implantation commerciale risque d’être interprétée comme un déplacement d’emplois qu’elle ne mesure pas.

Questions fréquentes

Un centre de services au Québec garantit-il que tout son travail y est réalisé?

Non. L’adresse du centre ne décrit pas la localisation de toutes les personnes affectées à ses mandats. Un contrat peut mobiliser plusieurs équipes et plusieurs lieux.

Le télétravail crée-t-il automatiquement des emplois en région?

Non. Il rend possibles certaines séparations entre résidence et lieu de l’employeur. Le résultat régional dépend des lieux où résident les personnes recrutées et de l’évolution des emplois existants.

Le chiffre de 6,6 % mesure-t-il tous les Québécois travaillant pour un employeur hors province?

Non. Il porte sur le pourcentage moyen d’employés à distance situés hors province que prévoyaient les entreprises du Québec au deuxième trimestre de 2023. Il ne mesure pas le flux inverse ni tous les salariés québécois.

Sources

  1. CGI Inc. — CGI Inc. — Annual Information Form (fiscal year ended September 30, 2025), December 9, 2025.
  2. Montréal International — Sigma Software étend ses activités mondiales à Montréal (8 octobre 2020).
  3. Statistique Canada — Le Quotidien — navettage, Recensement de la population de 2021 (2022-11-30).
  4. Statistique Canada — Tableau 33-10-0685-01 — Parmi les employés censés travailler uniquement à distance, pourcentage d’employés se trouvant à l’extérieur de la province ou du territoire de l’entreprise, deuxième trimestre de 2023 (extraction CSV Canada, Québec).
  5. TECHNOCompétences (comité sectoriel de main-d’œuvre en TIC) — Diagnostic sectoriel 2025-2028 : Portrait de la main-d’œuvre (secteur des TIC).