Jean-Luc Martel

J’écris ce site parce que l’annonce d’un outil et l’effet d’un outil sont deux objets distincts, et que la distance entre les deux se mesure en travail : des accès à configurer, des réponses à vérifier, des équipes à former, des décisions à assumer. C’est ce travail-là qui m’intéresse, et c’est précisément celui qu’on omet le plus souvent.

Je travaille en technologie pour les services financiers : assureurs, caisses de retraite, gestionnaires de patrimoine. Une bonne part de mes mandats sont des engagements de type « construire, exploiter, transférer » : je monte une capacité, je l’exploite pendant qu’elle est encore fragile, puis je la remets à ceux qui la porteront. Le transfert est le moment révélateur. Il montre quelles compétences une organisation détient réellement, par opposition à celles qu’elle croit avoir achetées.

Ce point d’observation explique le ton d’ici. Une transformation du travail ne se lit ni dans le communiqué ni dans le budget, mais dans la répartition des tâches, dans les postes qui n’ouvrent pas, et dans l’identité de la personne qui conserve le pouvoir de reprendre une décision.

Mes travaux actuels portent sur le développement assisté par l’IA ainsi que sur la sécurité et la gouvernance des systèmes autonomes : comment une organisation peut se servir de systèmes de plus en plus autonomes tout en gardant la capacité de comprendre, d’encadrer et de corriger leur comportement.