Un inventaire d’initiatives d’intelligence artificielle recense des projets ou des systèmes selon des catégories et des règles de déclaration. Son total mesure les initiatives inscrites, tandis que l’utilisation et les résultats exigent des observations supplémentaires.

La déclaration établit qu’une initiative apparaît dans le dispositif. Le statut décrit une étape de son développement ou de son déploiement. Le volume d’usage décrit l’activité réelle. Le résultat indique ce que cette activité a changé par rapport à un objectif.

Une initiative n’est pas une unité constante de travail

Le portrait public québécois comptait 258 initiatives d’IA au 15 juin 2025, contre 168 dans l’édition précédente, soit une hausse arrondie de 54 %. Le nombre d’organismes déclarants passait de 65 à 83.

Ces nombres décrivent deux changements dans les déclarations. Ils ne permettent pas de répartir la hausse entre nouvelles initiatives et meilleure connaissance d’usages déjà existants. L’arrivée d’un déclarant ne date pas, à elle seule, le début de ses utilisations de l’IA.

Prenons deux initiatives : un assistant utilisé occasionnellement par une petite équipe et un système traitant quotidiennement de nombreuses demandes. Chacune ajoute une unité à l’inventaire. Doubler leur nombre ne signifie pas doubler les personnes servies, les heures économisées ou les décisions assistées.

Le statut de production ne décrit pas la fonction ni le résultat

Dans le portrait de 2025, 68 initiatives appartiennent à la catégorie « Assistant/agent conversationnel ». Un décompte du fichier de données donne 37 de ces initiatives au statut « Solution en production », 25 en développement et six sans information de statut. Cette ventilation est un calcul à partir du fichier, pas un total publié séparément par le ministère.

Le statut de production inclut aussi le déploiement ou l’intégration. Il ne constitue donc pas une mesure d’utilisation stabilisée. La catégorie conversationnelle ne permet pas non plus d’isoler les systèmes capables d’agir comme agents.

La définition de travail du guide québécois sur l’IA agentique de 2026 réserve cette notion à des systèmes capables de poursuivre un objectif, d’organiser des étapes et de consulter des sources ou d’utiliser des outils dans un périmètre défini. Le nom d’une catégorie d’inventaire ne suffit pas à établir ces capacités.

Le périmètre et la déclaration modifient les compteurs

Le portrait public exclut les initiatives liées à la cybersécurité et remplace les noms commerciaux par des noms génériques pour des raisons de sécurité. Il décrit donc un périmètre de publication, plutôt qu’un inventaire public exhaustif de tous les systèmes.

Les avis d’incidents de confidentialité illustrent une limite comparable de la mesure administrative. Les 514 avis reçus en 2024-2025, en hausse de 16 %, comptent des déclarations. Ils ne mesurent pas directement le nombre d’incidents distincts ni la part du changement attribuable à une meilleure déclaration.

La même discipline s’applique au suivi de l’IA : comparer les éditions exige des catégories et un périmètre compatibles. Mesurer la transformation demande ensuite de relier chaque système à ses usages, aux tâches concernées et aux résultats observés. Le nombre d’initiatives constitue un point de départ pour ce suivi, pas son résultat final.

Questions fréquentes

Une hausse de 54 % des initiatives signifie-t-elle 54 % plus d’IA utilisée?

Non. Elle mesure l’évolution du nombre d’initiatives déclarées. Une initiative peut avoir changé de statut, de périmètre ou de visibilité sans produire une hausse proportionnelle des usages.

Une solution déclarée en production a-t-elle démontré son efficacité?

Non. Le statut de production décrit une étape du déploiement. L’efficacité exige une mesure des résultats par rapport à l’objectif et aux conditions de comparaison.

La catégorie « assistant/agent conversationnel » compte-t-elle les agents autonomes?

Non. Cette catégorie regroupe des systèmes conversationnels et des assistants. L’autonomie agentique dépend de la capacité à poursuivre un objectif et à organiser des actions dans un périmètre défini.

Sources

  1. Commission d’accès à l’information du Québec — Rapport annuel d’activités et de gestion 2024-2025.
  2. Gouvernement du Québec — ministère de la Cybersécurité et du Numérique (Données Québec) — Portrait_public_utilisations_IA_gouvernement_Quebec_2025.csv (jeu de données « Portrait public des utilisations de l’IA dans l’administration publique québécoise »).
  3. Données Québec / Ministère de la Cybersécurité et du Numérique — Portrait public des utilisations de l’IA dans l’administration publique québécoise — Jeu de données.
  4. Gouvernement et municipalités du Québec (métadonnées reprises par le Portail du gouvernement ouvert) — Portrait public des utilisations de l’IA dans l’administration publique québécoise — fiche du jeu de données.
  5. Ministère de la Cybersécurité et du Numérique (Direction du centre d’expertise en intelligence artificielle) — Guide sur l’utilisation responsable de l’intelligence artificielle agentique.
  6. Ministère de la Cybersécurité et du Numérique (Gouvernement du Québec) — Portrait des utilisations de l’intelligence artificielle dans l’administration publique.